Quatre titres rock’n’roll joués sans filet, un David Hallyday de 12 ans caché derrière la batterie et une rencontre avec Stevie Wonder. Gilbert Montagné a livré les coulisses de la tournée 1979 de Johnny Hallyday dans Nostalgie Vinyle Club.
Gilbert Montagné a raconté sa tournée de 1979 aux claviers avec Johnny Hallyday. Quatre titres rock’n’roll, aucune répétition, et la scène du Pavillon de Paris comme seul espace de liberté. L’auteur-compositeur a partagé ce souvenir sur Nostalgie Vinyle Club, entouré de vinyles rares et de sa relation avec Stevie Wonder.
Dans l’émission Nostalgie Vinyle Club, diffusée le 27 septembre 2026, Philippe Vandel a invité Gilbert Montagné à ouvrir sa discothèque personnelle. Selon nostalgie.fr, l’échange a traversé plusieurs décennies de musique française et internationale. Gilbert Montagné est revenu sur ses premières écoutes d’enfant, ses rencontres avec Stevie Wonder et la manière dont Johnny Hallyday l’a accueilli « à bras ouverts » sur une tournée que rien ne préparait.
Une oreille absolue et un 45 tours japonais de The Fool
Gilbert Montagné n’est pas venu les mains vides. L’invité de Philippe Vandel a apporté un 45 tours original en mono de son premier tube, The Fool, envoyé du Japon en 1971. La pochette le montre très jeune, entouré de caractères japonais. Cet objet rare a immédiatement ramené l’artiste à son rapport physique au son. « J’adore ouvrir un carton d’équipement électronique et respirer cette odeur », a-t-il confié, décrivant un plaisir qui remonte à l’enfance.

À huit ou neuf ans, poser un disque sur la platine lui donnait déjà l’impression d’être en studio. Doté d’une oreille absolue, Gilbert Montagné explique qu’il pouvait rejouer n’importe quel morceau au piano dans la foulée. Pour lui, chanter doit rester « aussi naturel que respirer », sans jamais se prendre la tête. Cette approche instinctive de la musique traverse tout l’entretien, jusque dans le choix des vinyles qu’il a déposés sur la platine.
Ce rapport au disque comme objet physique, et non simple support de diffusion, a structuré le dialogue avec Philippe Vandel. L’animateur a présenté l’émission comme un club d’écoute où les invités apportent des pièces qui racontent une histoire. Gilbert Montagné y a répondu avec la même spontanéité que dans sa pratique musicale. Le choix d’un 45 tours japonais de 1971 ancre le récit dans une époque où le disque importé représentait une rareté et un signe de reconnaissance pour un jeune artiste.
Stevie Wonder, The Police et ABBA : vinyles croisés avec Philippe Vandel
Sur la platine de l’émission, Gilbert Montagné a enchaîné avec Master Blaster de Stevie Wonder, tiré de l’album Hotter than July. Le morceau évoque pour lui « une vraie décharge de bonne humeur » et le ramène aux block-parties américaines, ces fêtes de rue où l’on bloque la circulation pour un barbecue entre voisins. L’artiste a également raconté ses deux rencontres avec celui qu’il appelle « Vivi », marqué par sa carrure et son aura.

Philippe Vandel a partagé ses propres souvenirs de vinyles. L’animateur a évoqué la claque reçue adolescent à la sortie de Message in a Bottle de The Police en 1979, et son introduction sans basse qui l’avait pris de court. Il a ensuite posé sur la platine Voulez-Vous d’ABBA, avouant que le titre anglais était alors le seul mot qu’il comprenait, sans jamais avoir cherché à traduire le reste des paroles.
Cette alternance entre les disques de l’invité et ceux de l’animateur donne à l’émission une dynamique de conversation. Les souvenirs de block-parties américaines répondent aux découvertes adolescentes de Philippe Vandel. Le tout compose une géographie intime des musiques qui ont traversé les années 1970 et 1980, entre soul américaine, rock britannique et pop européenne.
Quatre titres rock’n’roll sans répétition au Pavillon de Paris
Le cœur du récit reste la tournée de 1979 avec Johnny Hallyday. Gilbert Montagné, qui admirait Johnny depuis l’âge de 9 ans, reçoit une proposition simple : l’accompagner aux claviers sur l’ensemble de sa tournée. La série de concerts débute au Pavillon de Paris à Pantin. Au programme, quatre titres rock’n’roll, dont Rien que huit jours, un morceau que Gilbert connaissait par cœur.
La particularité de cette aventure tient à l’absence totale de préparation. « Trois, quatre, rock’n’roll, on y va ! Il m’a accueilli à bras ouverts, c’était merveilleux », a raconté l’intéressé. Interrogé par Philippe Vandel sur les accords à connaître, il balaie : « Ça, c’est facile. Super facile pour moi. Enfin ça présente aucune difficulté. » Le pianiste insiste : il savait que ces morceaux allaient être joués, mais il n’avait « rien répété du tout ».
Cette absence de répétition frappe par son contraste avec les standards actuels des tournées, souvent verrouillées par des semaines de résidences techniques. En 1979, la spontanéité faisait partie du langage scénique. Gilbert Montagné ne présente pas cette situation comme un exploit, mais comme une évidence musicale. Sa maîtrise harmonique et son oreille absolue lui permettaient d’intégrer un répertoire rock sans temps de calage.
David Hallyday, 12 ans, batteur secret sur scène
C’est pendant cette tournée qu’un détail familial a surgi. Un jeune batteur de 12 ans s’est installé discrètement sur scène sans que Johnny ne s’en rende compte immédiatement. Il s’agissait de David Hallyday, qui jouait là pour la première fois en public avec son père. L’anecdote dit beaucoup de l’atmosphère de cette tournée : une scène assez libre pour qu’un adolescent puisse y trouver sa place, derrière les fûts, sans concertation préalable.
Le récit de Gilbert Montagné relie cet épisode à l’esprit d’ouverture de Johnny Hallyday. L’accueil « à bras ouverts » réservé au claviers de l’époque avait déjà montré une capacité à faire confiance aux musiciens. Voir son propre fils prendre place à la batterie pendant un concert ajoute une dimension intime à cette série de dates au Pavillon de Paris.
Pour Gilbert Montagné, cet épisode illustre la fluidité de la relation entre les musiciens et la famille Hallyday. Le fait que David Hallyday ait pu s’installer sans attirer immédiatement l’attention du chanteur souligne la densité sonore et la confiance qui régnaient sur scène. L’anecdote est racontée comme un souvenir fondateur, celui d’une première apparition publique restée discrète dans le déroulé d’un concert rock.
Because You Loved Me, Nicole et le concert du 14 février au Dôme de Paris
L’émission a basculé dans l’émotion quand Gilbert Montagné a passé Because You Loved Me de Céline Dion. Sensible aux arrangements gospel et à la voix de la chanteuse, il a associé les paroles à sa propre histoire. « Je suis tout ce que je suis parce que tu m’aimes… J’ai eu la chance de rencontrer Nicole et elle a tout changé dans ma vie », a-t-il déclaré en direct, alors que sa femme Nicole était présente en studio.
L’artiste a également défendu son nouvel album L’amour dans ses mains, coécrit avec Didier Barbelivien et Claude Lemesle. Ce projet très personnel tourne autour du lien qu’il entretient avec son public. « Cette habitude que j’ai de serrer des mains tous les jours dans la rue, parce que j’aime les gens », a-t-il expliqué. Gilbert Montagné retrouvera ses fans pour un concert au Dôme de Paris le 14 février, soir de la Saint-Valentin, avec une promesse de rythme et de chansons d’amour.
La conversation s’est achevée sur la scène et le public. Après les souvenirs de Johnny Hallyday et de Stevie Wonder, Gilbert Montagné a ramené l’entretien à l’actualité de son album et à son rendez-vous du 14 février. Une manière de rappeler que sa relation à la scène n’a pas changé depuis 1979 : elle se joue au contact des autres, sans se prendre la tête, et avec des chansons d’amour.








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