555,50 euros restants chaque mois après 931,50 euros de charges. Martine, ancienne aidante familiale salariée, perçoit 1 487 euros de retraite. Elle raconte son quotidien et sa colère sur pleinevie.fr.
Martine, 70 ans, a passé quinze ans comme aidante familiale salariée de son mari atteint d’une maladie neuromusculaire. Sa retraite atteint 1 487 euros, mais après 931,50 euros de charges fixes, il lui reste 555,50 euros par mois pour se nourrir, se soigner et se déplacer.
Selon pleinevie.fr, la retraitée raconte un parcours où l’engagement familial a d’abord pris le pas sur la carrière, avant de laisser place à une pension qui ne couvre pas les dépenses courantes. Assistante sociale de formation, elle a cessé progressivement son activité pour accompagner son mari, qui vivait avec une maladie neuromusculaire dégénérative. À la suite d’une trachéotomie, il a été ventilé en continu, en fauteuil roulant électrique et dépendant pour tous les actes de la vie quotidienne. Elle est devenue aidante familiale salariée, rémunérée par la Prestation de Compensation du Handicap.
Quinze ans comme aidante familiale salariée, jusqu’au décès en novembre 2019
Martine a été aidante familiale salariée de son mari pendant environ 15 ans. Le dispositif de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) permettait à ce dernier d’embaucher des aides à domicile, parmi lesquelles figurait son épouse. Cette organisation a structuré le quotidien du couple jusqu’au décès de l’homme, fin novembre 2019, à l’âge de 55 ans. Martine avait alors 62 ans. Le contrat de travail était adossé à la PCH, un mécanisme qui permet de rémunérer un proche aidant, mais qui ne prévoit pas de continuité d’indemnisation si l’employeur disparaît.

1 487 euros de retraite, 931,50 euros de charges : un budget qui bascule dans la survie
À 70 ans, Martine perçoit 1 487 euros par mois de retraite globale, versée par la CNAVTS et l’Agirc-Arrco. Ce montant n’a rien de symbolique, mais il est absorbé par des charges qui ne laissent aucune respiration. Le détail fourni à pleinevie.fr montre un total de 931,50 euros de dépenses incompressibles :

| Charge | Montant mensuel |
|---|---|
| Loyer d’un logement social | 560 € |
| Électricité (mensualisée) | 67 € |
| Mutuelle | 115 € |
| Forfait téléphone portable | 17 € |
| Forfait Internet-Télévision | 40 € |
| Assurance habitation | 39,50 € |
| Assurance voiture | 41 € |
| Crédit à la consommation | 52 € |
| Total | 931,50 € |
Source : pleinevie.fr
Reste donc 555,50 euros pour l’alimentation, l’habillement, les chaussures, les produits d’entretien, la lessive, l’essence ou les transports en commun, les consultations médicales et frais de laboratoire avec dépassements d’honoraires et le coiffeur. Selon les mois, cela correspond à 18,51 euros par jour pour les mois de 30 jours et 17,90 euros pour ceux qui comptent 31 jours. Martine n’évoque ni loisirs ni vacances. « Je n’appelle pas cela vivre mais SURVIVRE », écrit-elle.
Le RSA comme seul recours après le décès, faute de droits au chômage
La transition entre la fin du salaire d’aidante et l’ouverture de la pension a placé Martine face à un vide administratif. Elle a effectué les démarches pour liquider sa retraite, car elle avait suffisamment cotisé, mais en attendant le versement, elle a demandé le RSA. Son statut de salariée de son conjoint handicapé ne donnait aucun droit au chômage après la mort de l’employeur. Le revenu de solidarité active a servi de filet, sans que le témoignage ne précise la durée exacte de cette période. Ce point illustre la fragilité juridique des aidants salariés par la PCH : leur protection sociale dépend entièrement de la survie de la personne aidée.
Menace de gel des pensions et manifestation du 14 octobre
À cette équation budgétaire s’ajoute la crainte d’un gel des retraites. Dans son témoignage, Martine pose la question directement : « En plus, on va geler nos retraites ? On se foutrait pas de nous ? » Elle ne se contente pas de dénoncer sa situation. Malgré ses 70 ans et un « important problème de genou », elle annonce qu’elle sera présente à la manifestation du 14 octobre. Elle espère ne pas être gazée ou matraquée, formule qui traduit une appréhension face au maintien de l’ordre. Ce choix de la rue, à son âge, dit la profondeur d’un sentiment d’abandon.
Martine résume sa situation par une phrase cinglante : « J’ai bossé et j’ai comme récompense cette maigre retraite. Je ne peux même pas profiter de la vie car je ne peux quasi rien m’offrir ni loisir, ni vacance et quasi aucun vêtement ni chaussures… » Elle dit ne pas vouloir adresser de remerciements au gouvernement. Son témoignage sur pleinevie.fr résonne avec les débats sur le pouvoir d’achat des retraités modestes et la reconnaissance des aidants familiaux.








Aucun commentaire pour l’instant