Le plafond de revalorisation des retraites complémentaires est fixé à 1,9 % au 1er novembre. L’Insee mesure une inflation de 3 % sur un an. Les 14 millions de retraités du privé connaîtront le taux exact après le vote du 14 octobre.
Le plafond de revalorisation des retraites complémentaires Agirc-Arrco est fixé à 1,9 % pour le 1er novembre. L’information, révélée par Les Échos et relayée par senioractu.com, tombe alors que l’Insee mesure une hausse des prix de 3 % sur un an. 14 millions de retraités du privé sont concernés.
Le conseil d’administration du régime, qui réunit syndicats et patronat, se prononcera le 14 octobre. La nouvelle valeur du point s’appliquera au virement du lundi 2 novembre. Jusqu’ici, la fourchette évoquée allait de 1,2 % à 2 %, mais le haut de cette fourchette a déjà perdu un dixième de point. L’an dernier, le conseil s’était séparé sans s’entendre et le point n’avait pas bougé.
Le plafond de 1,9 % verrouillé avant le vote du 14 octobre
Selon Les Échos, la hausse ne pourra pas excéder 1,9 %. Avant même la réunion du 14 octobre, le maximum possible est donc connu. La rédaction de senioractu.com souligne que ce plafond résulte de l’accord signé par les partenaires sociaux le 5 octobre 2023. Ce texte prévoit que le point suit les prix hors tabac prévus pour l’année, diminués de 0,4 point. L’Insee a publié le 10 septembre une note de conjoncture tablant sur une hausse des prix hors tabac de 2,0 % en moyenne sur 2026. La base de calcul ressort à 1,6 %, et le conseil peut s’en écarter de 0,4 point dans un sens ou dans l’autre, soit un maximum théorique de 2 %.

Mais une autre ligne de l’accord change la donne : il est interdit de revaloriser les pensions au-delà de l’évolution des salaires. Les syndicats et le patronat n’ont plus la main au-delà de 1,9 %, la décision finale se jouera entre 1,2 % et 1,9 %. L’année dernière, le patronat n’avait proposé que 0,2 %, les syndicats demandaient ensemble 1 %, et le point était resté figé.
Pourquoi les salaires bloquent la hausse à 1,9 % alors que les prix montent de 3 %
Le décalage avec l’inflation est brutal. Selon l’estimation provisoire publiée par l’Insee le 30 septembre, les prix à la consommation ont augmenté de 3,0 % sur un an en septembre, tirés par l’énergie. La retraite complémentaire, elle, n’a pas bougé depuis le 1er novembre 2024. Même au plafond de 1,9 %, la hausse de novembre ne rattrapera ni l’année de gel ni les prix de cet automne.

La clause salariale de l’accord de 2023 s’applique pour la première fois de façon aussi contraignante. Tant que les salaires progressaient plus vite que les prix, la règle ne gênait pas. Cette année, les deux courbes se tiennent de près, et la retraite complémentaire ne peut pas monter plus vite que la paie moyenne des salariés qui la financent.
L’Insee n’a pas publié de nouvelle prévision depuis le 10 septembre. À inflation inchangée, seule la clause salariale pouvait abaisser le maximum, et c’est ce qui s’est produit.
Le coût du dixième de point sur une pension de 1 000 euros
Pour une pension complémentaire de 1 000 euros brut par mois, une hausse de 2 % aurait représenté 20 euros de plus chaque mois, soit 240 euros sur l’année. À 1,9 %, le gain maximum tombe à 19 euros par mois, soit 228 euros par an. À l’autre bout de la fourchette, 1,2 % ne donnerait que 12 euros mensuels. Le calcul, réalisé par senioractu.com, est brut : CSG, CRDS et prélèvement à la source en retireront une part.
Exprimé en valeur du point, toujours fixée à 1,4386 €, l’écart se lit ainsi : 1,4559 € au plus bas, 1,4659 € au plus haut, au lieu des 1,4674 € qu’aurait donnés une hausse de 2 %. Si la pension complémentaire avoisine 500 euros, il faut diviser ces montants par deux.
Les syndicats réclament 3 % et un rattrapage de 10 % depuis 2020
L’UNSA Retraités réclame une revalorisation de 3 % : 2,1 % au titre de l’inflation 2026, tabac compris, plus un rattrapage du gel. L’union confédérale des retraités de la CGT appelle à un rassemblement devant le siège du régime à Paris le 14 octobre et demande un plan de rattrapage de 10 % depuis 2020. Des mobilisations sont également annoncées dans le Tarn, le Puy-de-Dôme et le Loir-et-Cher.
Ces revendications dépassent le cadre fixé par l’accord de 2023. Au-delà de 1,9 %, le conseil d’administration n’a plus la main. La décision se jouera donc entre 1,2 % et 1,9 %. L’accord arrive à échéance le 31 décembre 2026 ; le vote du 14 octobre sera la dernière décision prise selon les règles de 2023.
Cumul emploi-retraite : le plafond de 7 000 euros pour les 64-67 ans
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, restructure intégralement le cumul emploi-retraite. Selon Generali, avant l’âge légal de départ, les revenus d’activité sont intégralement déduits de la pension dès le premier euro. Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul sera autorisé dans la limite d’un plafond qui devrait être fixé par décret à 7 000 euros bruts par an. Les revenus dépassant ce plafond seront déduits à hauteur de 50 % du montant de la pension.
Le cumul intégral suppose d’avoir liquidé toutes ses retraites à taux plein ou d’avoir atteint l’âge du taux plein automatique. Si une pension a été obtenue avec minoration, les revenus de la nouvelle activité restent limités jusqu’à 67 ans.
À partir de 67 ans, le cumul devient intégral et permet de se constituer de nouveaux droits à retraite. La réforme des retraites de 2023 avait ouvert cette possibilité pour le cumul intégral, avec une seconde pension plafonnée à 2 403 euros bruts par an, selon senioractu.com. En 2022, 541 000 retraités bénéficiaient déjà du dispositif, d’après la DREES.
L’Agirc-Arrco rappelle que les cotisations versées pendant une reprise d’activité restent dues, mais ne génèrent pas de nouveaux droits pour le salarié retraité, sauf en cas de cumul intégral depuis le 1er janvier 2023. La nouvelle pension de base ne pourra pas dépasser 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Les points Agirc-Arrco sont attribués sans délai, dans la limite d’un plafond de Sécurité sociale, et la nouvelle retraite complémentaire peut être demandée à compter du 1er janvier 2024. Pour ceux qui reprennent un emploi chez leur dernier employeur, les trimestres de base ne sont pas acquis avant le premier jour du septième mois suivant le départ.
Pour les 14 millions de retraités du privé, le vote du 14 octobre ne fixera pas seulement un taux. Il donnera le ton des années à venir, alors que l’accord Agirc-Arrco expire le 31 décembre 2026 et que le cumul emploi-retraite entre dans une période transitoire avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles issues de la loi de financement pour 2026.








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